Journées d’études
Rencontre scientifique intitulée Recherche et politiques de régulation de la profession enseignante qui se déroulera sous la forme de trois journées d’études du 14 au 16 avril 2026 sur le campus de l’Université Laval. Ces journées sont organisées sur l’égide de l’Observatoire des professions de l’enseignement.
Cadrage scientifique :
Les enjeux qui traversent actuellement la profession enseignante telle que le besoin important de main-d’œuvre qualifiée, l’attractivité et la valorisation de la profession, les conditions de travail ou encore la persévérance professionnelle concernent l’ensemble du système d’éducation et sa capacité à répondre aux missions qui lui sont confiées.
Ces enjeux renvoient à des questions socialement vives, car ils impliquent des diagnostics concurrents, des arbitrages et une action publique, des intérêts professionnels et des controverses (dans les médias, dans les débats politiques, dans la production scientifique et même dans les milieux scolaires). Ils méritent qu’on s’y intéresse avec une grande rigueur scientifique, dans la durée, en produisant des connaissances à partir de données variées, fiables et complémentaires.
Les journées d’études réuniront des chercheurs de renommée internationale principalement en provenance de quatre pays (Canada, France, Brésil, Suisse) et des acteurs de la société civile et de l’éducation locaux (médias, acteurs politiques, administration, personnels scolaires, étudiants en éducation, etc.).
L’inscription à une ou des activités de ces journées d’étude est obligatoire : Formulaire d’inscription
Horaire :
Mardi 14 avril Lieu : POL – 2244 (Pavillon Maurice-Pollack)
| 9h à 12h (accueil à partir de 8h30) Thème de la session : Profession enseignante et défis pour l’éducation Conférencier : Eirick Prairat Débat avec le public animé par Raphaël Gani Pause Travaux d’étudiant.e.s : Virginie Chantal-Bossut (UL) Valentine Kropf (UL) Synthèse et discussion Bernard Wentzel |
| 14h à 17h (accueil à partir de 13h30) Thème de la session : Connexions entre recherche, action publique et profession Conférencière : Sonia Revaz Débat avec le public animé par Amélie Desmeules Pause Travaux d’étudiant.e.s : Mariana Fiorio (UNESP) Erika Gauvin (UL) Synthèse et discussion Joséphine Mukamurera |
| 17h15 à 19h Apéritif et lunch de réseautage |
Mercredi 15 avril Lieu : ADJ – 2320 (Pavillon Alphonse-Desjardins)
| Thème de la session : Profession enseignante et sociologies de l’éducation Conférencier : Georges Felouzis Débat avec le public animé par Marie-Andrée Lord Pause Travaux d’étudiant.e.s : Clara Salesses (UL) Mélanie Savioz (UNIGE) Synthèse et discussion Louis Levasseur |
| 14h à 17h (accueil à partir de 13h30) Thème de la session : Analyse des politiques de régulation de la profession Conférencier : Abdoulaye Anne Débat avec le public animé par Josée-Anne Gouin Pause Table ronde :Participant.e.s à venir Synthèse et discussion Geneviève Sirois |
Jeudi 16 avril Lieu LAU – 0428 (Pavillon La Laurentienne)
| Thème de la session : La professionnalisation des métiers de l’enseignement Conférencière : Flavia Medeiros Sarti Débat avec le public animé par Bernard Wentzel Pause Travaux d’étudiant.e.s Valérie Harnois (UL) Conférencière : Isabelle Vivegnis Clôture des journées d’études |
Conférenciers et conférencières :
Georges Felouzis est une sociologue de l’éducation dont les travaux de recherche ont un rayonnement international très important. En lien avec nos journées d’études, il s’est consacré aux comparaisons internationales en éducation, autour d’analyses secondaires des enquêtes PISA, avant de se tourner vers les politiques éducatives, leur dynamique de mise en oeuvre au sein des institutions éducatives et leurs conséquences sur l’efficacité et l’équité des systèmes d’enseignement. Par ailleurs, il entretient depuis plusieurs années une étroite collaboration scientifique avec plusieurs autres participants, dont Bernard Wentzel.
Résumé de la présentation Réformer et mettre en oeuvre les politiques éducatives Perspective en sociologie de l’action publique
Comment réformer l’école ? À partir de quelles idées ? En mobilisant quels acteurs de l’éducation ? Quelles institutions ? Quelle est la place notamment des enseignants dans ces processus de réforme ? Cette conférence propose de penser la façon dont sont conçues, fabriquées et construites les politiques éducatives. Elle se base sur un ouvrage récemment publié aux Presses universitaire de Rennes en 2025 sous la direction de Georges Felouzis, Barbara Fouquet-Chauprade et Sonia Revaz, Comment réformer l’école ? Perspective en sociologie des politiques éducatives. Nous montrerons comment les outils de la sociologie de l’action publique en éducation peuvent fournir une compréhension de ces politiques éducatives sur la base de plusieurs recherches empiriques en Suisse et en France. La thèse défendue est que les réformes ne prennent sens que dans leur mise en oeuvre concrètes par les acteurs de l’éducation. Toute la question devient alors de savoir comment mobiliser ces acteurs pour pleinement implémenter ces réformes.
Flavia Medeiros Sarti est professeure associée au Département d’Éducation de l’Université d’État de São Paulo (UNESP, campus Rio Claro) depuis 2006. Elle est également active au sein du programme d’études aux cycles supérieurs dans la même université, où elle encadre des étudiants en master (depuis 2007) et en doctorat depuis (2014), et où elle siège au conseil délibératif (de 2010 à 2013 et puis à nouveau depuis 2021). À l’UNESP elle a occupé les fonctions de chef du Département d’Éducation (2015-2017), de coordinatrice du cours de pédagogie (2022-2024) et de membre du comité d’éthique de la recherche de l’IB-UNESP-RC (2018-2024). Avant de rejoindre l’université en tant que professeure, elle a été enseignante dans le primaire et formatrice d’enseignants du primaire au secondaire. Elle est chercheuse internationale au Crifpe, où elle collabore avec le Pôle de recherche Observatoire de la profession enseignante, et fait partie du conseil scientifique du Crifpe-Brésil.
Résumé de la présentation L’universitarisation de la formation des enseignants au Brésil (1996-2026) : politiques de régulation et cadres de référence de l’action publique
La conférence se centre sur les processus d’universitarisation de la formation initiale des enseignants au Brésil, en prenant comme repère réglementaire la loi 9.394/1996, qui définit les orientations et les bases de l’éducation nationale. À partir d’un cadre théorique composé par de catégories liées à la sociologie des professions et à la sociologie de l’action publique, et à travers l’étude des documents normatifs qui régissent la formation des enseignants dans le pays au cours des trois dernières décennies, seront mis en évidence et discutés les référentiels qui orientent la production, par les différentes instances impliquées, d’actions publiques concernant ces processus d’universitarisation.
Eirick Prairat est Professeur émérite de Philosophie de l’éducation à l’Université de Lorraine et chercheur associé à l’Université du Québec à Montréal. Il a été membre de l’Institut universitaire de France (Chaire Sciences et Philosophie de l’éducation). Auteur d’une vingtaine d’ouvrages, il a récemment publié Eduquer avec tact (ESF 2022) et L’école des Lumières brille toujours (ESF, 2022).
Résumé de la présentation Les six grands défis de l’école française
Repenser la formation des enseignants n’a de sens et de pertinence que si l’on met au jour les grands défis que notre école va devoir relever. Quels sont les six grands défis qui s’annoncent pour l’école française ? Il faut distinguer deux types de défis : les défis que nous appelons structurels et les défis dits nouveaux. Les défis structurels sont des défis permanents, inscrits au coeur même du projet de l’école républicaine qui s’est voulue une école hospitalière, juste et efficace dans l’art d’instruire et de cultiver ses élèves. D’où trois défis structurels : L’hospitalité, la justice et l’efficacité. Comment rendre notre école plus hospitalière ? Comment la rendre plus juste ? Et comment la rendre plus efficace ? Et il y a les nouveaux défis, apparus il y a trois/quatre décennies, ils sont trois également. Le défi de la post-vérité, le défi du vivant ou défi écologique et le défi du recrutement, appelé parfois « crise de la vocation ». Nous présenterons brièvement ces six défis et nous nous risquerons à faire quelques propositions pour y répondre.
Abdoulaye Anne est enseignant-chercheur à l’Université Laval. Ses travaux portent sur le leadership éducatif, la gouvernance des systèmes d’enseignement et les politiques publiques en éducation, avec un intérêt particulier pour les contextes africains et la diaspora académique. Il s’intéresse aux dynamiques de régulation des professions enseignantes et à l’amélioration de la qualité et de l’équité des systèmes éducatifs.
Résumé de la présentation La régulation de la profession enseignante au regard de l’évolution récente des politiques publiques
La communication analyse les évolutions des politiques de régulation de la profession enseignante (Ulferts, 2021), avec une attention particulière pour les systèmes éducatifs de pays d’Afrique. Elle s’attache particulièrement à voir si ces évolutions peuvent être liées avec des tendances plus globales notées en matière de régulation de politiques publiques (Muller, 2015 ; 2018 ; Fouilleux, 2015). À partir d’une approche qualitative fondée sur l’analyse de politiques éducatives, de documents institutionnels et de productions scientifiques, la communication met en lumière les tensions entre logiques administratives et dynamiques impératifs de gouvernance éducative. Elle montre que la régulation de la profession enseignante n’échappe ni au phénomène d’accélération des politiques et des réformes (Pons, 2024), ni à la tendance d’exigence de preuves qui caractérise leur gouvernance (Draelants et Revaz, 2022). Cette dernière exige alors des politiques publiques et d’éducation plus de sobrieté et d’efficience, mais surtout un adossement à des données probantes (Musselin et Bezes, 2015 ; Rahadian, 2023). La contribution mobilise un cadre d’analyse critique de mécanismes de régulation de politiques (Hassenteufel, 2024) et identifier des pistes pour des politiques de régulation de la profession enseignante moins assujetties à des dogmes et plus équilibrées et innovantes (UNESCO, 2025) en Afrique.
Sonia Revaz est maitre-assistante à l’Université de Genève au sein du Groupe genevois d’analyse des politiques éducatives (GGAPE) et chargée d’enseignement à la Haute école pédagogique du Valais. Elle est spécialisée dans l’analyse sociologique de l’action publique éducative. Ses travaux questionnent le changement et les mécanismes de réforme dans les institutions scolaires ainsi que les processus de régulation des systèmes éducatifs et les acteurs qui y contribuent.
Résumé de la présentation Réformer l’école par l’action publique : configurations d’acteurs et régulations des professions enseignantes
État fédéral, la Suisse confère aux cantons une large autonomie en matière d’éducation, variable selon les degrés de formation. Depuis une vingtaine d’années toutefois, on observe un renforcement des démarches de politiques publiques visant à harmoniser les systèmes éducatifs cantonaux, au-delà du seul secteur éducatif (Vatter & Wätli, 2003). La révision en 2024 des bases légales fédérales des écoles de maturité (formation préuniversitaire des études collégiales) s’inscrit dans cette dynamique, avec pour objectif d’améliorer la comparabilité des formations et des diplômes entre les cantons. Cette conférence prend cette réforme comme point de départ pour analyser les mécanismes de régulation des systèmes éducatifs et la place des acteurs, en particulier des professionnel·le·s, dans ces processus. Au croisement entre la sociologie de l’action publique (Lascoumes & Le Galès, 2018 ; Hassenteufel, 2014) et la sociologie de l’éducation (Ball, 1994 ; van Zanten, 2021), elle interroge la fabrication d’une réforme nationale appelée à concilier harmonisation et préservation des spécificités locales, ainsi que sa traduction dans des institutions caractérisées par une forte autonomie professionnelle et un faible degré d’articulation organisationnelle (Weick, 1976). L’analyse s’appuie sur une enquête empirique en deux volets : un volet intercantonal portant sur la co-construction des bases légales fédérales, et un volet cantonal (Vaud) consacré à l’opérationnalisation de la réforme. Elle examine l’organisation et l’appropriation des espaces de consultation et de décision, la place accordée aux enjeux pédagogiques dans une réforme aux implications institutionnelles et structurelles majeures, et discute dans quelle mesure celle-ci participe — ou non — à une régulation des professions.
Isabelle Vivegnis, Ph.D., est professeure agrégée spécialisée en développement des compétences professionnelles et accompagnement en milieu scolaire au Département de psychopédagogie et d’andragogie de la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Montréal. Membre du CRIFPE depuis le début de son travail doctoral, elle est devenue chercheuse associée en octobre 2017. Ses principaux intérêts de recherche concernent l’accompagnement des enseignant.e.s en formation initiale, continue et en insertion professionnelle. Un autre de ses champs d’expertise est celui de la formation pratique, incluant le soutien pédagogique des stages et la formation des formateurs et des formatrices de stagiaires. Cet aspect de son bagage professionnel lui vaut la responsabilité actuelle du Comité interuniversitaire d’actualisation du cadre de référence de la formation des formateurs de stagiaires (CIACRE), composé de représentants des 12 universités québécoises qui offrent la formation initiale en enseignement. Le regroupement travaille à l’actualisation du Cadre de référence pour la formation des formateurs de stagiaires (Portelance et a., 2008) afin de contribuer au développement des compétences des enseignants associés et des superviseurs au Québec.
Résumé de la présentation
L’intervention portera sur la collaboration entre le Comité d’actualisation du cadre de référence de la formation des formateurs de stagiaires (CIACRE) et le ministère de l’Éducation dans la réalisation d’un double mandat confié par ce dernier et visant à actualiser les orientations pour la formation pratique (1) et à faire un état des lieux de la formation des formateurs de stagiaires au Québec (2). Seront présentés la nature de ces mandats, leurs objectifs et les principaux enjeux rencontrés. À partir des résultats obtenus, les implications de ces travaux pour la formation initiale et continue des enseignants seront discutés.